TRONC COMMUN https://tronc-commun.la27eregion.fr Fri, 12 Dec 2025 14:29:18 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.4.8 Embarquer les propriétaires privés dans une vision plus collective de la forêt https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/11/19/embarquer-les-proprietaires-prives-dans-une-vision-plus-collective-de-la-foret/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=embarquer-les-proprietaires-prives-dans-une-vision-plus-collective-de-la-foret Wed, 19 Nov 2025 11:52:42 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=920 Début octobre, nous avons pour la 1ere fois réuni tous les propriétaires forestiers de la Vigotte pour leur présenter les questionnements et cheminements que l’on mène avec l’un d’entre eux autour d’une gouvernance plus collective de la forêt. Mais s’attaquer à la notion et au principe de propriété, c’est assez sensible, parfois même tabou. Pourtant difficile d’en faire l’économie pour aborder les enjeux de gouvernance et peut-être à terme, de commun.

Travailler les communs par deux voies parallèles (petit rappel des épisodes précédents)

Notre point de départ, c’est l’hypothèse selon laquelle faire de la forêt un commun (et donc la doter d’une gouvernance plus collective), permettrait de la rendre plus robuste et résiliente.

Nous avons commencé par mener quelques entretiens et avons fait de l’observation participante dans des dynamiques en cours, notamment la démarche Dominos pour la construction d’un plan de gestion concerté en s’interrogeant sur la mobilisation des contributeurs au plan de gestion de manières plus pérenne (qui devrait être parties prenantes ? Pour faire quoi ? A quoi ça ressemblerait ?).

Nous avons un peut mis de côté le terme « commun », pour privilégier celui de « coopération », les communs en étant des formes très abouties.Un des moteurs de la coopération étant les liens interpersonnels, nous avons tenté de mieux expliciter les endroits de collaboration ou de coopération existants. Lors d’un atelier Dominos, nous avons donc tenté de cartographier les liens entre les personnes présentes, puis, nous avons réuni quelques personnes dans un atelier sur « l’engagement ». L’objectif : creuser avec eux ce qui les incite à participer aux dynamiques et ateliers proposés par la Vigotte, et voir s’ils pourraient consister une sorte de noyau dur dans ce commun en devenir.

En parallèle, nous avons réalisé une série d’entretiens auprès des propriétaires forestiers pour mieux comprendre leurs attachements et leurs envies pour la forêt de la Vigotte. Car avant de mobiliser des non-propriétaires en leur racontant un commun en devenir, encore fallait-il s’assurer que l’on saurait trouver quelques souplesse et pas de côté dans le cadre existant de la propriété.

Rendre visible ce qui rassemble les propriétaires aujourd’hui et les défis auxquels ils devront faire face

Pour partager ces entretiens, nous avons choisi de matérialiser les préoccupations des uns et des autres par des artefacts – des objets fictifs qui symbolisent ce qui nous a été raconté, appuyé par des citations des entretiens. Le but est de garder un maximum la part de sensible de ces entretiens, en les incarnant de manière assez tangible dans des objets.

Le livret propriétaire et son contenu est à retrouver ici.

Début octobre, nous avons réunis les propriétaires pour un temps de partage de cette enquête l’occasion d’aborder les perspectives communes qu’ils projettent sur la forêt mais qui ne sont pas forcément partagées, et rendre explicites des modalités de gestion parfois informelles. L’objectif était principalement d’engager ces derniers dans une dynamique plus collective (plutôt que de penser chacun à l’échelle de sa parcelle).

C’est un premier pas, qui appelle à une maturation de la réflexion sur les communs et la coopération du côté des propriétaires. Cela prendra du temps, et malheureusement nous nous en tiendrons là dans le cadre du programme, passant le relais à La Vigotte Lab pour animer la suite des échanges.

Suite et perspectives : ré-embarquer l’acteur public

Ce terrain de Tronc Commun avait comme partis-pris de regarder les enjeux de gouvernance du côté des propriétaires privés, considérant qu’il s’agit du type de propriété majoritaire sur le territoire (75%), et que ce contexte (par la taille de la forêt concernée, par l’éloignement géographique et d’intérêt de certains propriétaires, par l’absence de vocation productive) en fait un bon « échantillon de propriétaire ».

Cependant, nous avons tenté de regarder les liens de porosité avec les acteurs publics : à la Vigotte, la forêt publique avoisine la forêt privée, et penser la gestion de la vallée dans son ensemble nécessiterait une coopération renforcée publique-privée. Nous avons donc rencontré le mairie du Girmont Val-d’Ajol à plusieurs reprises, et aux mêmes titres que les autres propriétaires, quelques verbatims figurent dans le livret de restitution. L’idée était de montrer qu’acteurs privés comme publics pouvaient converger autour de défis similaires, ou a minima rendre visible ses préoccupations.

En tant qu’accompagnateurs des propriétaires privés, le Centre National de la Propriété Forestière ou la Chambre d’Agriculture pourraient être de bons interlocuteurs pour tirer quelques enseignements du programme, et regarder comment ce qui est expérimenté à la Vigotte pourrait être utile à d’autres propriétaires, et participer à une transformation (même lente) de la propriété privée.

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Livret d’exploration de la propriété forestière à La Vigotte [Livrable] https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/11/10/livret-dexploration-de-la-propriete-forestiere-a-la-vigotte-livrable/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=livret-dexploration-de-la-propriete-forestiere-a-la-vigotte-livrable Mon, 10 Nov 2025 16:37:42 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=909 Le programme Tronc Commun explore et tente d’amorcer des formes d’organisations collectives de gestion des forêts, pour gagner en robustesse face aux multiples tensions qui apparaissent et fragilisent à la fois la biodiversité forestière et la ressource en bois. Avec La Vigotte Lab, et pour la forêt privée de La Vigotte, nous avons eu envie d’explorer ce que signifierait de s’acheminer vers un « commun forestier ». Comme cela reste tout de même plutôt abstrait, nous avons cherché à quel(s) endroit(s) cela pourrait s’incarner et quels pourraient être les catalyseurs de ce « commun », identifier ce qui existe déjà et qui pourrait venir appuyer cette dynamique.

Pour cela, nous avons cheminé entre enquête et ateliers pour tenter d’expliciter et de partager :

  • les motivations des personnes mobilisées autour des questions forestières à la Vigotte ;
  • les préoccupations et rapports à la propriété des actuels propriétaires ;
  • les défis qu’il reste encore à relever ;
  • les outils juridiques à explorer et pouvant soutenir cette dynamique de commun forestier.

Ce livret retrace le chemin entre nos questions de départ et la matière que nous avons collectée. Il se veut accessible, car il était destiné en premier lieu aux propriétaires forestiers de La Vigotte, parfois éloignés des enjeux de commun ou de coopération, à l’image d’une partie des propriétaires privés en France. C’est aussi pour cette raison que nous avons essayé de retranscrire « le sensible », ne pas limiter la propriété à un statut (celui de propriétaire) mais la regarder comme une moteur d’action ou de non action.

Ce livret est un support de sensibilisation, de diffusion d’une gestion nouvelle, inspirée des communs. Il tente aussi de rendre visibles des défis qui n’étaient parfois pas explicités comme tels.

Dans le temps impartis du programme, les conditions n’étaient pas forcément réunies pour mettre en œuvre des expérimentations. Quelques pistes sont suggérées à la fin du livret, mais doivent encore être questionnées, prototypées, testées.

Mais comment se saisir de la matière qui figure dans ce livret ?

  • Les outils juridiques ouvrent des discussions sur la manière dont le droit peut venir sécuriser des dynamiques collectives ou des visions favorables à la préservation de la biodiversité.
  • Les défis sont autant de sujets de discussion pour s’interroger sur ce qui est fait actuellement, et ce qui pourrait évoluer dans les années à venir.
  • Enfin, les leviers d’action sont des pistes, plus ou moins ambitieuses, qui permettraient de prendre en charge un petit bout de chaque défi. Il s’agirait alors de les tester, d’en imaginer des étapes intermédiaires pour faire exister une dimension collective dans la gestion des forêts.
Cliquez sur l’image pour découvrir le livret !
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Interpellateur : une veille dynamique (livrable) https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/10/31/interpellateur-une-veille-dynamique-livrable/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=interpellateur-une-veille-dynamique-livrable Fri, 31 Oct 2025 16:17:35 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=900 Point de départ – la participation citoyenne

Dans le cadre du renouvellement de la Charte du Parc, nos partenaires du PNR des Boucles de la Seine Normande ont été amenés à recueillir des contributions d’habitant.e.s pour nourrir une vision prospective du territoire du parc. Si la démarche a plutôt bien mobilisé, les habitant.es sont en revanche difficiles à capter dans des instances de participation citoyenne plus « classiques » (sur les plus de 400 personnes ayant contribuées au recueil de récits, seules 20 se sont montrées intéressées par une implication plus régulière, et seulement 6 ont finalement franchi le pas de venir à la réunion prévue spécifiquement pour elles et eux).

Convaincus de l’intérêt de faire de la participation citoyenne, nos partenaires étaient demandeurs d’une veille inspirante, ce à quoi ce document a initialement ressemblé avant d’être transformé en cet objet un peu hybride …

Car, aussi louable l’intention soit-elle, quelques questions restaient en suspens : à quel(s) besoin(s) répond la mobilisation des habitant.es ? Les conditions sont-elles réunies pour que cela aient vraiment un impact et que leur parole soit prise en compte ? Et ensuite, se poserait des questions de formats et méthodes de participation …

Se laisser interpeller

Alors nous avons un peu twisté la veille pour la rendre plus interpellante : la porte d’entrée est plutôt une question (parfois déroutante) à se poser (seul.e ou collectivement), illustrée ensuite par un exemple inspirant (qui y répond à sa façon sans être LA solution).

Derrière la participation citoyenne, il y a finalement l’enjeu, plus large, de la coopération avec des parties prenantes locales (les habitant.es, mais aussi pourquoi pas les non-humains). Cette question de la coopération se décline aussi à différents niveau (avec des enjeux et parties prenantes parfois différents) : coopération plus stratégique à l’échelle de la charte forestière, plus systémique à l’échelle de la vallée de Seine en agrégeant les autres chartes forestières voisines. Ces différents niveaux de gouvernance, nous les avons explorés – de manière non exhaustive – dans le cadre du programme Tronc Commun.

« Interpellateur » : favoriser une dynamique de coopération à plusieurs échelles

Ce livrable n’est donc pas totalement un benchmark, ce n’est pas non plus un jeu, ni un plan d’actions. C’est plutôt un nuancier de questions, que l’on trouve plutôt utiles à se poser dans différents contextes, illustrées par quelques exemples inspirants, et des pistes de mise en test pour nos partenaires. Il peut être un bon objet pour ouvrir collectivement des sujets, et expliciter les visions que les différentes parties-prenantes en ont.

– Il est disponible ici, en version web : Interpellateur, PNR BSN

– Ici, en version imprimable sous forme de cartes recto-verso : Interpellateur, version imprimable

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Anatomie d’un comité de suivi inter-chartes forestières https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/10/31/anatomie-dun-comite-de-suivi-inter-chartes-forestieres/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=anatomie-dun-comite-de-suivi-inter-chartes-forestieres Fri, 31 Oct 2025 14:24:23 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=893 En s’intéressant de plus près à l’animation des chartes forestières et aux dynamiques existantes au PNR des Boucles de la Seine Normande, nous avons rapidement identifié les comités de suivi de ces chartes comme des endroits pouvant générer quelques frustrations.

Depuis quelques années, les animateurs des chartes forestières du PNR des Boucles de la Seine, de Rouen Métropole et de l’Agglo Seine Eure (… et bientôt du Havre), on mit en place des comités de suivi inter-chartes, partant du constat que les partenaires mobilisés (ONF, CNPF, DDTM, Fibois …) étaient les mêmes, leur proposer un temps 3-en-1 ne faciliterait que leur implication. Depuis lors, chaque territoire de charte assure l’organisation logistique du comité à tour de rôle.

Nous faisons l’hypothèse que ces temps pourraient être des occasions de rendre la dynamique forestière plus collective et partenariale ; pourraient permettre de sortir de l’exécution du plan d’actions pour prendre un peu de recul sur les évolutions dans lesquelles elles s’inscrivent et les paris auxquels elles contribuent ; et pourraient être investis comme de vrais temps stratégiques.

Nous avons donc proposé à ces trois structures, ainsi qu’à l’Union Régionale des Communes Forestières de Normandie un temps de mise à plat de leur comité de suivi pour en comprendre tous les ressorts.

Du comité de suivi au COPIL, il n’y a qu’un pas ?

Nous nous sommes nourris pour cette session des réflexions entreprises par l’agence Partie Prenante dans COPILOTE, qui propose de mettre les comités de pilotage sur l’établi : de la difficulté à donner de la places au débat contradictoire, en passant par la succession de présentations descendantes, ou encore en observant les jeux de postures, inutile de chercher très loin pour constater qu’une marge d’amélioration est possible dans ces instances. Et s’il est bien question de régler le « comment ça fonctionne ? », encore faut-il sortir du flou sur sa fonction et se demander « à quoi c’est censé servir ? »

… Et si on se posait les mêmes questions pour les comités de suivi ? Sur le papier, les constats ne sont pas si différents. Et même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’un COPIL, le fait de le nommer comité de suivi en dit déjà quelque chose sur le renoncement à faire un endroit de pilotage : « La question du nom traduit l’ambiguïté du positionnement. C’est à la fois un comité technique et un temps pour les élus. Le flou sur le nom traduit la tentative d’articuler les objectifs de chacun ».

Décortiquer le comité de suivi en trois étapes

> Qu’est ce qu’il s’y passe et qu’est ce qu’on aimerait qu’il s’y passe ?

Les comités de suivi rassemblent une 40 aine de personnes. Ils sont introduits par l’élu.e référent.e-forêt accueillant (à tour de rôle sur les 3 territoires). La matinée est consacrée à un temps en plénière, l’objectif est avant tout le partage d’informations. Chaque charte est racontée par la présentation de quelques actions qui se sont déroulées dans l’année (allant de « 3 ou 4 pour les détailler un peu plus », à « une dizaine pour balayer tous les axes »), les équipes sont autonomes pour préparer ces présentations, ce qui explique leurs natures un peu hétérogène. Les actions qui sont répliquées dans plusieurs territoires sont mises en avant. Les interactions avec le public de participant.e.s sont variables. L’après-midi permet d’illustrer ce qui a été présenté le matin, grâce à une visite de terrain (visite d’une entreprise, d’une forêt FSC …), très appréciée des élus notamment. Les présentations de la matinée sont ensuite envoyées aux partenaires, accompagnées parfois d’un compte-rendu des échanges.

Ce temps bien huilé n’est pas sans générer quelques frustrations du côté des animateurs des chartes, parmi lesquelles :

  •  la grande densité d’informations partagées et le peu de place faite aux interactions : « il y a peu de place pour les échanges, c’est très dense, même si ça donne un bon panorama des actions » ; « Partager de l’information est important, mais quand on le fait on sent quand même une forme de passivité dans la salle… » ;« j’aimerais que ce soit plus participatif, mais j’ai l’impression que ce n’est pas ce que viennent chercher les participants. Les gens ne se plaignent pas et ne manifestent pas d’autres attentes, donc globalement c’est que ça leur va … » ;
  •  le manque de valorisation et de mesure d’impact des actions communes aux territoires : « on ne voit pas vraiment la plus-value des actions qui se retrouvent sur plusieurs chartes, elles sont juste présentées plusieurs fois » ;
  •  l’absence de temps plus réflexif permettant d’alerter sur les difficultés rencontrées « Il n’y a aucun moment où on met à plat les freins qu’on a nous en tant que techniciens pour faire les actions » ;
  •  le manque d’inspiration au-delà du périmètre des chartes : « Ce qu’on fait très peu c’est d’aller voir des choses qui se font en dehors du territoire » ; « ça pourrait être un lieu pour présenter d’autres actions menées ailleurs, par les partenaires ».
  •  la substitution de temps entre techniciens pour évaluer les actions communes par des considérations organisationnelles et logistiques pour préparer la journée.

Si de bonnes choses sont tout de même à garder dans cette journée car jugées essentielles par les animateurs (comme la présentation des actions), le risque est plutôt que son format s’épuise dans le temps. Comment rendre cette journée plus contributive et moins descendante ? Comment remettre un peu de stratégie et faire de la présentation factuelle des actions un moyen de repolitiser le sujet forestier ?

> Quelle est ou devrait être la véritable fonction de ce comité ?

Ce comité est un temps de mise à jour sur les projets déployés dans les chartes : c’est le seul temps de l’année où il y a un temps d’avancement sur les chartes, et les animateurs y tiennent (« je tiens très fort au côté information »).

Ce comité devrait être un temps plus politique : « une charte forestière est un outil de territoire, ça ne peut se faire qu’avec les élu.es. Pour moi c’est un outil politique à la base. Et c’est devenu un outil technique… On a perdu la vision politique des choses, parce que c’est confortable de l’animer comme ça ». Dans l’état actuel du comité, pensé comme un temps pour les élus, il n’y a aucun temps de discussion sur les attentes pour le territoire.

Au fil de l’échange, si les animateurs de chartes n’expriment pas tout à fait les mêmes frustrations c’est probablement qu’ils n’ont pas les mêmes attentes vis-à-vis de ce comité. C’est ce que traduit déjà le flou sur le nom de cette instance. Et quand il y a un flou, il y a un loup ! « le problème c’est quand on est pas forcément sur les mêmes pas de temps entre les chartes, donc les attentes ne sont pas forcément les mêmes ». Si l’idée est louable de vouloir faire un temps collectif, le risque n’est-il pas de tenter de contenter tout le monde au détriment des besoins de chaque équipe territoriale ? Comment repenser ou réaménager ce temps afin que chacun en tire profit ?

> Qu’attend-on des participant.es présent.es ?

Finalement, c’est autour du rôle de l’élu.e que nous avons le plus échangé. Mais la difficulté est de trouver la bonne articulation entre concernement territorial et stratégie inter-territoriale : « Un élu connaît les enjeux de son territoire, mais prendre un peu de recul et faire travailler des élu.es sur des enjeux partagés, à l’échelle de plusieurs territoires, c’est pas évident pour eux » ; « il faudrait que nos élu.es soient déjà impliqués pour la charte elle-même ; puis voir après s’il y a un axe stratégique plus large. Donc en premier lieu il faut consolider une base solide à une échelle territoriale avant de travailler l’inter-territorial ».

Une journée de comité de suivi pourrait peut-être articuler des temps en comité resserré autour de chaque charte, et des temps plus collectifs ?

A cela s’ajoute un besoin de clarification à propos « des élu.es » dont on parle : est-ce qu’il s’agit seulement des référents forêt de chaque collectivité, ou bien de tous les élu.e.s ? L’attente n’est sans doute pas la même envers tous.

Autre attente, plus difficile à mesurer, envers les participant.es : « pas forcément de contribution directe, mais que ce temps nourrisse chez eux de nouvelles actions, de nouveaux liens et partenariats ». Comment ne pas uniquement projeter ces nouvelles dynamiques comme bénéfice co-latéral des comités, mais tenter de les mesurer, de les rendre visibles ? Voir comment cela pourrait nourrir la dynamique partenariale inter-chartes ?

Quelques fils à tirer pour la suite :

  • Se poser le même type de questions, mais avec les élu.es pour connaître la manière dont ils vivent ces comités, et ce qu’ils pourraient en attendre ;
  • Faire des divergences d’attentes et d’ambition des porteurs de charte un vrai sujet de travail pour que chacun.e y retrouve un intérêt dans ces comités, et éviter de contenter un peu tout le monde, mais totalement personne ;
  • Mettre à profit les liens de confiance entre les animateur.ices de chartes pour renforcer le processus de coopération : par exemple se préparer au comité de suivi (expliciter les intentions, les finalités, les enjeux collectivement), plutôt que préparer le comité de suivi (déroulé et logistique, où chaque animateur.rice prépare sa présentation avec ses propres intentions) ;
  • Aborder différemment le prochain comité de suivi : Et si le prochain comité était justement l’occasion d’expliciter les intentions et besoins de chacun.e des participant.es, de leur donner davantage la parole, de dessiner ensemble à partir de là un autre visage de ce comité, de s’interroger sur ce qui se passerait si on ne faisait plus de comité, pour possiblement mieux faire ressortir ce à quoi on tient ?

 

 

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Une journée pour repenser les chartes forestières (2/2) https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/08/19/une-journee-pour-repenser-les-chartes-forestieres-2-2/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=une-journee-pour-repenser-les-chartes-forestieres-2-2 Tue, 19 Aug 2025 10:47:20 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=877 En deuxième partie de journée, nous avons proposé aux participant.es de mettre un peu de côté les chartes en tant que telles pour s’attarder sur la dynamique inter-chartes qui existe sur le territoire. Au-delà des partages de pratiques, faut-il – et si oui, comment – faire de cet espace un moyen de porter des défis plus ambitieux, collectivement ?

Expliciter et clarifier les attentes de la dynamique inter-chartes

La dynamique inter-chartes que l’on retrouve en Normandie fait plutôt figure d’exception, avec des intentions de coopération plus poussées que dans d’autres territoires. Quelles sont les motivations des uns et des autres, quels en sont les avantages ?
– Cette dynamique, c’est avant tout un réseau de pairs : qui permet de mettre en commun les difficultés mais aussi les ressources produites par les uns et les autres, ne pas se sentir isolé.e en tant que chargé.e d’animation de la charte au sein de la collectivité ;
– C’est aussi un COPIL unique, qui rassemble les partenaires de la filière une fois par an, et permet de ne pas les sur-mobiliser. Une bonne occasion pour les élu.es de se croiser et de nouer des relations avec les territoires en proximité, au delà des temps de discussion animés par l’URCOFOR ;
– Et la réalisation d’actions en simultané, qui donne plus de légitimé aux actions du point de vue des élu.es.

Et si on poussait le curseur un peu plus loin ? Quelques envies ont été suggérées, parmi lesquelles :
– Se doter d’outils de suivi et d’indicateurs communs. Même si par la suite chacun.e déploie ses actions de manière autonome, avoir une boussole commune permettrait de tirer davantage d’enseignements et relativiser l’impact de ces actions.
– Ouvrir un travail prospectif et collectif, non pas sur ce que la forêt va être dans quelques années, mais sur ce que chacun.e des acteurs va faire de la forêt dans les années à venir. Un bon mélange entre du design fiction, de la modélisation, et une théorie du transformation !

Tester une modalité d’action du réseau : le codev !

Peu mobilisé par le groupe, nous avons proposé aux participants de terminer la journée par une session de codev.
Le codev propose un cadre bienveillant et sécurisant et permet d’améliorer sa pratique en apprenant des uns et des autres. C’est une excellente mise en situation de coopération. Un atelier se centre sur la préoccupation d’un.e des participant.es , et les autres personnes du groupes deviennent ressources le temps de l’atelier.

Un premier tour de table a permis a chacun.e de proposer un problème, et c’est celui-ci qui a été choisi : Comment mobiliser les habitants dans la durée ? (avec comme contexte précis la participation citoyenne dans le processus de renouvellement de la Charte de Parc, et le faible engagement des habitants).

Ce qui se passe dans un codev reste dans le codev. En attendant, les participant.es ont trouvé ce temps très utile, et envisage de renouveler l’expérience pour avancer collectivement sur des problématiques concrètes.

 

Inspiré de différentes ressources , voici un déroulé type pour animer de futures sessions !

 > Fiche outil – déroulé d’un CODEV

Sources pour aller plus loin :

 

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Une journée pour repenser les chartes forestières (1/2) https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/08/19/une-journee-pour-repenser-les-chartes-forestieres-1-2/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=une-journee-pour-repenser-les-chartes-forestieres-1-2 Tue, 19 Aug 2025 10:43:30 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=869 Au gré de nos échanges avec nos partenaires du PNR des Boucles de la Seine Normande, nous avons eu envie d’ouvrir le sujet des chartes forestières (de leur élaboration à leur mise en œuvre, en passant par leur évaluation), sans savoir si nous pourrions aménager de réels pas de côté ou y trouver des pistes d’expérimentation, mais avec la certitude que c’était en tout cas un moment propice pour avoir ce genre de réflexion (période de transition vers la réécriture de la prochainement).

Le 3 juillet, nous nous sommes donc retrouvés à Rouen, avec nos partenaires mais aussi les animatrices de trois chartes forestières voisines (dont certaines déjà croisées durant l’enquête) pour prendre le temps de décortiquer la charte en tant que document stratégique et identifier ses incarnations (instances, documents, actions, indicateurs), et in fine, tenter de déceler les endroits de friction ou d’inconfort pour les agents chargés de les mettre en œuvre. La deuxième partie de la journée était consacrée au réseau inter-chartes forestières, pour explorer des formats de coopération que pourrait investir ce réseau, faisant l’hypothèse qu’il pourrait permettre de porter des enjeux plus transformateurs pour la forêt.

Ouvrir la boite noire des chartes forestières

Pour bien comprendre toutes les subtilités de ces chartes, nous avons proposé à nos partenaires d’en réaliser un parcours utilisateur (un bon moyen d’expliciter tout ce qui est visible et invisible dans l’élaboration et la mise en œuvre de ces chartes), avec comme points d’attention : ses outils (documents, déclinaisons stratégiques ou opérationnelles), ses instances (ou groupes de travail) et ses indicateurs – bref, tout ce qui fait vivre la charte – tout en précisant ce qui marche bien ou au contraire ce qui est plus irritant …

Se laisser dérouter par des questions qu’on ne prend pas (plus) le temps de se poser 

Toujours dans l’objectif de rendre visible l’existant (les us et coutumes de la charte forestière) et faire émerger certains irritants, nous avons proposé aux participant.es de réagir à certaines questions, parfois un peu naïves ou volontairement incisives … De quoi animer de bons débats entre collègues ou partenaires !

La charte forestière a-t-elle encore un sens ou est-on sur pilote automatique ?

On ne vient plus bousculer nos manières de faire et questionner nos lignes directrices. Le pilote auto, c’est lié au confort dans lequel on s’installe. Mais peut-être parce qu’on a volontairement mis de côté des sujets (la place des habitants, les proprio…). En tout cas j’ai l’impression qu’on a plus vraiment d’endroits pour venir réinterroger les axes stratégiques.

Parfois, on ne prend plus le temps de prendre du recul sur l’impact que nos actions ont sur le territoire par rapport à l’argent injecté et l’énergie passée.

Moi je n’ai pas le sentiment d’être en mode pilote automatique. On doit être réactifs sur les appels à projets, ils nous poussent à produire de nouvelles choses, il y a des turbulences qui nous dévient de l’itinéraire prévu …

Et si on n’avait pas de charte forestière ? Ou qu’on décidait de ne la pas la renouveler ?

Honnêtement, ça ne changerait pas grand chose : on a pas de financement propre, il faut aller en chercher, qu’il y ait charte ou pas charte.

Au début cet outil nous a vraiment permis de travailler sur la foret, de mettre le sujet sur la table. La charte a permis de mobiliser les élus et d’attirer le regard sur des thématiques forestières et donner une cohérence.

Ça lance une dynamique mais une fois cette phase passée il y a beaucoup d’enjeux qu’on ne réinterroge pas.

Mais on ne peut pas lui enlever que c’est aussi une occasion pour nous de travailler ensemble, au niveau de l’axe Seine. On travaille ensemble car on a tous des chartes.

La charte facilite grandement la délibération. Ça nous permet de dérouler un plan d’actions sans difficulté, ça a plus de crédit auprès des élu.es.

Sur les territoires qui n’ont pas de charte, la grosse différence, c’est que il n’y a pas de stratégie. Ponctuellement des choses sont mises en place mais il n’y a pas de cohérence et de ligne directrice. Ils ne sont que sur une seule entrée : ce n’est pas aussi multifonctionnel qu’une charte.

La charte garantit une forme de stabilité : un changement politique ne vient pas la remettre en question.

Est-ce qu’on se réfère souvent à ce document ? Qui en prend connaissance ? A qui est-il destiné et est-il pensé pour être appréhendé simplement par ces personnes ? 

On s’y réfère tout le temps ! C’est un outil technique. C’est une stratégie de territoire. C’est plus a destination des partenaires et personnes qui l’ont conçus ... Mais ce n’est pas un outil vivant (et ce n’est pas son but en même temps). C’est un outil interne au même titre qu’un PLU.

Tout dépend du format qu’on lui donne aussi. A Évreux par exemple, c’était aussi un document de vulgarisation (histoire des forets etc..). On pourrait en faire des documents plus accessible.

Au Havre, on a travaillé à un vademecum de la charte pour raconter ce que ça change pour les habitants.

Et si la parole des habitants avait autant de valeur que celle des techniciens et des élus ?

Le minimum c’est d’aller chercher de la donnée. Après jusqu’où on les implique et pourquoi c’est autre chose …

Ce qui est compliqué, c’est qu’il faut en écouter beaucoup pour que ça soit représentatif ! La seule façon d’avoir statistiquement un grand nombre d’expressions, c’est le phoning, et ce n’est plus possible aujourd’hui.

Écouter les usagers c’est important, mais aussi des non usagers ! Qui ont beaucoup de choses à dire.Il y a une différence entre habitants et usagers. Tous les intérêts doivent être représentés.

Moi j’ai un soucis avec « prendre en compte » ? Qu’est ce que je fais de toutes les demandes des habitants ? On ne va pas répondre à tout … 

Si les habitants étaient plus entendus on aurait pas les mêmes chartes forestières, nos actions seraient menées différemment

Parfois on a de fausses idées sur ce que pensent les habitants.

Faire le lien avec les habitants permet de légitimer aussi un peu plus les actions.

Quels défis pour repenser ou réenchanter les chartes ?

De nos échanges avec le PNR, nous avions préalablement identifiés quelques défis pour les chartes forestières, notamment :

  • La mobilisation des partenaires dans le temps : si le moment d’élaboration de la stratégie est particulièrement  mobilisateur, notamment du côté des élu.es, l’engagement à tendance à se faire plus ponctuel par la suite : Comment créer de la désirabilité pour les enjeux forestiers dans  la durée ? Comment maintenir les partenaires informés sans attendre les  traditionnels COPIL ? Comment permettre aux parties prenantes de  contribuer tout au long de la vie des chartes ?
  • Réussir à allier long terme et adaptation spontanée : Comment sont évaluées les actions déployées dans le cadre  de la charte ? Comment se doter d’outils de suivi et d’évaluation au fil  de l’eau pour remodeler les actions prévues dans la charte en fonction des priorités du moment ?
  • L’épineuse question de la participation citoyenne et de place des habitant: comment impliquer les habitants ? Que faire des contributions ? Comment leur donner de la valeur ? Comment ne pas alimenter des envies impossibles à garantir ?

Au fur et à mesure de la matinée, différentes catégories de défis ont émergé, recroisant ceux pré-identifiés, avec, bien souvent, des questions qui en appellent d’autres. Et avec plus ou moins de pistes pour s’en emparer.

Trouver une juste place pour les habitant.es et usager.ères

C’est unanime, la première étape est avant tout de les considérer, en adoptant des moyens de communication adaptés pour raconter ce qui est fait sur les forêts et partager les actions entreprises. Mais quand il s’agit d’aller un cran plus loin, sur le terrain de la gouvernance et de l’implication, les ambitions sont plus floues : faut-il impliquer les habitants, si oui, comment (quels formats tester) ? Que faire quand les élus sont peu favorables à concertation ? Y aller coûte que coûte risquerait de heurter les attentes des habitants au plafond verre de la décision politique.

Avant toute démarche, encore faut-il clarifier ce qu’on attend d’elles et eux, pour proposer le format le plus clair et adapté possible, et générer le moins possible de frustration (tant du côté des participants que des agents).

Quelques pistes pour aller plus loin :

  • En Normandie, lancement d’un projet « foret citoyenne » à la suite de « forêt pédagogique » ; une sorte de lieu de débat ou les habitants peuvent échanger avec leurs élus sur les thématiques forets, à l’échelle communale.
  • Investir des instances sous-utilisées : les conseils de développement.
  • Tester une véritable instance citoyenne pour voir s’il génère d’avantage d’engagement : par exemple un comité citoyen doté d’un budget, qui pour financer des actions.

 

Mieux coopérer entre acteurs publics et propriétaires privés

L’accès a la donnée semble être une véritable épine dans le pied pour les participants. Et au delà de la donnée, c’est la mobilisation des propriétaires qui est parfois difficile, selon les relations entretenus avec le CRPF (qui sert d’interface).

Donner à voir la dimension systémique des forêts

Au sein des collectivités, plusieurs services ont une action plus ou moins directe sur les forêts (de leur gestion, à leur qualité d’espace foncier sur lesquels se construisent des projets), mais cela se fait en silo, sans cohérence générale. La stratégie forestière doit être davantage partagée pour gagner en cohérence.

Faire une place non-humain, cap ou pas cap ?

La représentation de la biodiversité est un enjeu qui tend à émerger … Mais dont il est difficile de se saisir pleinement (alors que la place des usagers est encore elle-même un sujet pour certain.e). Comment donner une place aux non-humains dans la concertation ? Cette mission doit-elle être confiée aux associations de protection de la nature, qui œuvrent pour l’intérêt général bien que cette dimension ne soit pas forcément perçue par les acteurs économiques ? Quelle posture adopter ?

Vaste question ! Quelques initiatives sont à garder en tête, notamment le Parlement de Loire, ou les microparlements des vivants.

Se douter d’outils de suivi transversaux

Pour assurer le suivi et la mémoire de l’action collective, notamment en inter-territorial.

 

… Et tout cela, sans négliger le temps que ces intentions demandent pour être mises en œuvre au côtés de toutes les préoccupations courantes (et concurrentes ?), alors que ingénierie d’animation est contrainte.

 

La suite de la journée par ici.

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Réseau d’AMIs, actualités avant l’été https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/07/23/reseau-damis-actualites-avant-lete/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=reseau-damis-actualites-avant-lete Wed, 23 Jul 2025 15:23:36 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=862 Six mois après un premier temps de croisement entre les lauréats de l’AMI « Concertation et Multifonctionnalité des forêts », nous revoici rassemblés pour un tour d’actualité avec les lauréats. Pour la plupart, les projets sont maintenant bien démarrés, et les premiers enseignements de ces démarches commencent à remonter. On vous partage ici quelques unes des réflexions que l’on a pu glaner.

Un sentiment partagé d’être monté en compétences sur les méthodes de dialogue et de facilitation …

Pour la plupart des lauréats, mettre en place une concertation est assez nouveau, et cet AMI a donc été une bonne occasion de se former à ces méthodes de dialogue, auprès de prestataires extérieurs. Pour autant :

  • Concerter n’empêche pas de penser le format : le CNPF en PACA a mis en place une série d’ateliers de concertation, mais n’est pas pleinement convaincu que ce format ait été celui qui convenait le mieux au territoire et au projet en question : « il aurait été mieux d’avoir un binôme mobile« , pour concerté à des échelles plus petites mais en plusieurs occurrences ;
  • Concerter ce n’est pas faire collectif : en Occitanie, la création du conseil de développement forestier nécessite un vrai temps d’embarquement, de mise en liens, d’interconnaissance … et ça, ça prend du temps (et c’est presque un projet en soi). Créer les conditions d’un débat non conflictuel est primordial mais s’inscrit dans le temps long. C’est un préalable dont il faut prendre soin pour aborder des sujets plus controversés ;
  • Concerter, c’est endossé une posture de neutralité : et ce n’est pas le plus simple pour les porteurs de projet (« le rôle d’animateur est parfois difficile à tenir au vu de la neutralité que ça demande… on doit sans cesse rappeler que les COFOR sont neutres« ).

La mobilisation des citoyens, un parti pris de plusieurs projets …

Il n’est pas toujours évident de mettre autour de la table professionnels et citoyens sans que soit reprochée à ces derniers leur manque d’expertise. Du côté du Syndicat Mixte destination Brocéliande, les propriétaires forestiers ne voulaient pas qu’ils participent à la concertation au même titre que les autres acteurs de la filière. Si la demande a été entendue, des ateliers citoyens ont été mis en place en parallèle pour accueillir les préoccupations de ces derniers, et leurs donner de la visibilité dans les discussions entres parties prenantes plus habituelles et dans l’élaboration du plan d’action.

Pour le projet « Relais des bois » dans l’Ain, l’enjeu est clairement affiché de susciter de l’adhésion chez les habitants, pour constituer un réseau d’ambassadeurs. Malgré des efforts mis sur la communication pour mobiliser largement les habitants à des évènements, seule une petite dizaine se sont portés volontaire pour endosser ce rôle (sortes d’intermédiaires entre les citoyens et les professionnels de la filière). Les porteurs de l’AMI s’interrogent sur la possibilité de faire vivre un réseau dans le temps (en terme de temps, d’implication demandée, de renouvellement des ambassadeurs …).

Capitalisation et pérennisation ?

Les projets s’approchant doucement de leurs fins, l’heure est à la capitalisation des enseignements. Du côté du pacte forêt-Z, il est prévu de rédiger une forme de pacte/charte à l’échelle du territoire pour les forêts de demain (une sorte de nouveau récit), alimenté par une recueil de bonnes pratiques et d’usages ; pour diffuser la création d’un conseil de développement forestier à d’autres communes d’Occitanie, les communes forestières (COFOR) travaillent à la rédaction d’un guide méthodologique et de conseils pour cultiver une posture de neutralité ; en Bretagne, le consortium (et notamment le Syndicat mixte destination Brocéliande) réfléchit à la création d’un évènement type « fête de la forêt », pour offrir des occasions aux parties prenantes de se recroiser et cultiver les liens créés entre les structures … et à terme, mettre en place un véritable Parlement de la forêt.

De notre côté, nous nous interrogions sur la possible pérennisation (peut-être sous une autre forme) des consortiums établis pour l’AMI. Sont-ils des bases solides pour établir des stratégies forestières collectives ? Porter collectivement des défis que traversent et traverseront les forêts dans un contexte de changement climatique ? Mais ce pose alors la question de la légitimité de leur animation pour les pilotes des projets, au delà du mandat qu’ils ont dans le cadre du cet AMI … pas simple !

Nous avons conclu avec les lauréats présents à cet échange qu’il serait intéressant de se revoir dans 1 an, pour voir les traces et les impacts qu’auront laissé ces démarches. Le rendez-vous est pris ! En attendant, on continuera à suivre d’un œil ce qui se passe ici et là !

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Journal de bord #3 – quelles coopérations futures en forêt à La Vigotte ? https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/07/18/journal-de-bord-3-quelles-cooperations-futures-en-foret-a-la-vigotte/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=journal-de-bord-3-quelles-cooperations-futures-en-foret-a-la-vigotte Fri, 18 Jul 2025 10:51:28 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=844 En mai dernier, nous étions de retour à La Vigotte pour continuer à explorer la fameuse question : comment « faire commun » autour de la forêt ?

Depuis plusieurs mois, l’équipe de La Vigotte Lab mobilise une variété d’acteurs pour élaborer de manière concertée son plan simple de gestion (c’est la démarche Dominos qu’accompagne Agroparistech). Mais au delà de cette phase d’élaboration, comment s’incarne la collaboration et la coopération dans le temps ? Y a-t-il une place pour des partie prenantes extérieures dans les décisions du quotidien concernant la forêt ? Quelle place faudrait-il leur donner ? Et quelle place ils et elles auraient envie de prendre ?

Une bonne occasion pour la 27e région de tester quelques outils et principes glanés dans la formation à la maturité coopérative, et commencer à dessiner un début de communauté. A minima, prendre le temps d’expliciter ce que chacun attend cette démarche collective.

La dernière partie de la journée, animée par le cabinet Legicoop, a rendu plus appropriable quelques outils juridiques, qui sans révolutionner complètement le cadre de la propriété privée, permettent de faire un pas de côté vers des logiques plus collectives, et de mieux partager les responsabilités.

Enquête propriétaires

 

Depuis quelques semaines, nous avons fait la connaissance des autres co-propriétaires de la Vigotte. Car si la perspective de commun est bien portée par l’association, qu’en est il des autres concerné.e.s ? Partagent-ils l’envie d’ouverture ? De notre côté on avait quelques scrupules à parler d’engagement avec des parties prenantes extérieures sans savoir si le cadre de la propriété privée classique (où le propriétaire est roi en son pays) était prêt à évoluer vers plus d’ouverture. L’idée n’était pas non plus de mettre les propriétaires devant le fait accompli, mais plutôt interroger leur lien à la propriété, révéler ce qui fait commun entre eux (en terme de projections, d’attentes, etc.) au delà des parcelles individuelles.

Parmi les éléments que l’on a pu glaner, on retient notamment :

  • Le partage d’une même vision pour le site dans sa globalité, au-delà des parcelles des uns et des autres : ouverture au public du site, envie d’une forêt mélangée et en bonne santé, voire réensauvagée.
  • Un asymétrie d’information sur l’état actuel de la forêt au vu de sa gestion, où une différence apparaît selon le degré d’éloignement physique au site. Celles et ceux présents au quotidien relèvent que le fonctionnement actuel ne marche pas (il faut s’orienter vers une gestion plus jardinée, qui demande une prise de soin au quotidien et nécessite de penser la forêt dans son ensemble). Au contraire, plusieurs propriétaires, s’ils ne sont pas opposés à un mode de fonctionnement  différent, n’en voit pas forcément l’intérêt : « si ça fonctionne comme ça, pourquoi faire différemment ? ».

L’atelier du 20 mai nous a permis de restituer ces entretiens de manière synthétique, mais une restitution plus sensible (à l’appui d’artefacts par exemple) est envisagée pour les propriétaires (révéler ce qui fait commun, matérialiser les envies et les craintes), associée à un temps plus prospectif sur les options qui permettraient de prendre en charge de manière plus collective ces attentes.

 

Initier la coopération

Retour à l’atelier du 20 mai. Les participant.e.s qui constituaient le tour de table de l’après-midi étaient essentiellement des membres de l’équipe de La Vigotte lab (avec la double casquette salarié-habitant pour certain.e.s), des membres du collectif « Les gens du cru » (des voisin.e.s, propriétaires forestiers pour la plupart, curieux.ses et sensibilisé.es aux enjeux environnementaux).

Nous avons démarré par un petit tour de table où chacun a eu l’occasion d’expliciter ce qu’il venait chercher dans ces ateliers proposés par La Vigotte Lab, ce sur quoi ils et elles voudraient (ou pas) contribuer.

Si beaucoup ont partagé leur intérêt à être là pour en apprendre davantage sur la forêt, les envies d’implication plus directes ne sont pas vraiment exprimées. Il manque peut-être un cadre d’implication clair : parle-t-on de la forêt dans son ensemble, du massif, ou d’une petite parcelle ? Comment faire commun à l’échelle des propriétaires en priorité ?

Un peu de droit dans tout ça

La seconde partie de l’atelier était dédiée à l’exploration/vulgarisation d’outils juridiques qui permettraient de donner une dimension de commun à la propriété privée. Parmi les dispositifs évoqués, on retrouve notamment :

  • Le groupement forestier et le groupement forestier citoyen/écologique : une société civile créée en vue de la constitution, l’amélioration, l’équipement, la conservation ou la gestion d’un ou plusieurs massifs forestiers, ainsi que l’acquisition de bois et forêts. Ils permettent le regroupement de la gestion de différentes parcelles appartenant à des propriétaires différents (lutte contre le morcellement). Le groupement forestier citoyen/démocratique entérine dans les statuts du groupement une attention particulière à la gouvernance démocratique, et une volonté d’action pour l’environnement, la biodiversité et la sauvegarde des paysages.
  • L’Obligation Réelle Environnementale (ORE) : un contrat entre un propriétaire privé et une collectivité, un établissement public, ou une personne morale de droit privé agissant pour la protection de l’environnement, afin de faire naître des obligations ayant pour finalité le maintien, la conservation, la gestion ou la restauration d’éléments de la biodiversité ou des fonctions écologiques. Ces obligations sont attachées au foncier, et perdure même en cas de changement de propriétaire.
  • Le fond de dotation : rassemble des biens qui lui sont apportés à titre gratuit et irrévocable, et vise à la réalisation d’une œuvre ou d’une mission d’intérêt général. Le fond est administré par un conseil d’administration d’au moins 3 personnes.

L’ORE, facilement actionnable à court terme à particulièrement retenue l’attention des participant.e.s

 

Que faire de tout ça ?

L’ORE, c’est bien, mais comment la rendre appréhendable par les propriétaires n’ayant pas participé à l’atelier ? Comment traduire de manière concrète ce que cela implique pour les uns et les autres ? Comment cela vient-il percuter les questions de transmission et d’héritage de ce patrimoine ? Comment être ambitieux vis-à-vis de cette ORE, en procédant peut-être par étapes, en pensant par exemple une ORE sur un périmètre public-privé ? 

En guise de suite, nous envisageons de rendre lisibles ces outils juridiques au regard des préoccupations des propriétaires, et dessiner des scenarios plus ou moins ambitieux pour tendre vers davantage de coopération et de commun.

 

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Et si on repensait les Chartes Forestières de Territoire ? https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/05/12/et-si-on-repensait-les-chartes-forestieres-de-territoire/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=et-si-on-repensait-les-chartes-forestieres-de-territoire Mon, 12 May 2025 15:42:05 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=836 Cela fait maintenant quelques mois que nous nous sommes immiscés dans les politiques forestières, et impossible de passer à côté des fameuses Chartes Forestières de Territoire. On en dénombre un peu moins de 150 (ça mérite de s’y pencher!), avec des pilotages et périmètres qui varient mais souvent animées par des communautés de communes ou des parcs naturels régionaux. Elles déterminent une stratégie sur plusieurs années pour la forêt et le bois, avec les acteurs de filière, et se déclinent en un plan d’actions qui répond à ses axes stratégiques. A la 27e région, on est plutôt friands des objets administratifs de ce type, qui donnent un cadre à la coopération. Bien que la charte soit un outil non contraignant et agile, cela ne veut pas dire qu’on s’interroge si souvent sur les manières de les renouveler ou de les rendre plus ambitieuses (à temps contraint, c’est plus facile de faire comme on a toujours fait!).

Avec le PNR des Boucles de la Seine Normande, qui est en pleine période de révision de sa charte de Parc, et d’ici peu sa déclinaison forestière, on s’est dit que c’était un bon moment pour s’interroger un peu plus sur ce document. L’idée n’est pas tant de remettre en cause les chartes en tant que telles, mais plutôt de les questionner du point de vue de leur(s) format(s) (est-ce juste un document textuel ?), de leur lisibilité et de leurs modalités d’animation, au regard des problématiques rencontrées par les personnes en charge de leur animation, ou des ambitions qu’on met derrière.

Voici quelques nœuds, non exhaustifs, que l’on pourrait travailler avec nos partenaires normands !

 

1) La mobilisation des partenaires dans le temps

Pas facile de maintenir une dynamique partagée tout au long de la vie des chartes ! Le moment d’élaboration de la stratégie est particulièrement mobilisateur, notamment du côté des élu.es, mais par la suite l’implication s’étiole quelque peu (pas toujours simple de garder le cap sur tous les sujets).

Comment créer de la désirabilité pour les enjeux forestiers dans la durée ? Comment maintenir les partenaires informés sans attendre les traditionnels COPIL ? Comment permettre aux parties prenantes de contribuer tout au long de la vie des chartes ?

Ce qu’on pourrait imaginer :

  • Des formats de mise à jour (ex : une newsletter, une expo, une documentation des actions mises en œuvre…), de partage de ce qu’il se passe au fil de l’eau pour ne pas attendre le comité de suivi qui a lieu une fois par an ; construire une récit appropriable et moins technique sur les actions forestières, les enjeux que rencontrent le territoire, les sujets qui demandent une mobilisation …
2) Assumer le double parti-pris de la stratégie moyen terme et de l’adaptation spontanée

Certes, la charte forestière est un cadre plutôt peu contraignant. Il n’empêche qu’il incarne une stratégie sur plusieurs années à venir, une vision à minima long terme de transformation ou préservation de la forêt. Et pourtant, les incertitudes sur le devenir des forêts (avènements d’épisode climatique, parasites…) peuvent conduire à ré-apprécier les priorités au fil de l’eau.

Comment sont évaluées les actions déployées dans le cadre de la charte ? Comment se doter d’outils de suivi et d’évaluation au fil de l’eau pour remodeler les actions prévues dans la charte en fonction des priorités du moment ? Sur quelle temporalité sont prévues les actions (programmation annuelle ? Déclinaison pour 5 ans ?) ? Comment les actions non prévues initialement s’insèrent-elles dans la charte ?

Et si demain, on déployait un plan d’action-réaction pour ancrer la stratégie au plus près des priorités du moments, mais aussi pour s’autoriser à porter des actions plus ambitieuses, quitte à ce qu’elles échouent et soient réajustées ou mise au placard pour un moment ?

3) Incarnations de la Charte Forestière

Une charte forestière, c’est quoi concrètement ? Et si on n’avait pas de charte forestière ? Et si demain la charte forestière durait 1 an ? Et au niveau du format ça ressemble à quoi ? Comment elle s’incarne à part dans un document et un comité de pilotage ? Est-ce que ce PDF on s’y réfère souvent ? Qui en prend connaissance ? A qui est-il destiné et est-il pensé pour être appréhendé simplement par ces personnes ? La charte a-t-elle encore un sens ou est-on sur pilote automatique ? Qu’est-ce que la charte nous permet de faire qu’on ne pourrait pas faire sans ? Et inversement, quel serait l’intérêt de ne pas renouveler la charte cette année ? Et si la coopération entre les personnes mobilisées autour des enjeux forestiers à l’échelle d’un territoire  prenait d’autres formes ?

Au- delà de ces questions un peu déroutantes, nous sommes convaincus que le moment de renouvellement de la Charte, avec les principaux partenaires est une bonne occasion pour soulever ces questions et pour en faire un objet de travail et de réflexion collectif. 

4)  La synchronisation avec les chartes voisines

Du côté de nos complices normands, il y a une volonté de s’articuler avec les chartes voisines et constituer un réseau territorial. Cependant, comme les fonctionnements des acteurs qui les pilotent sont différents (le PNR anime les actions, la Métropole délègue…), la mise en œuvre d’actions communes n’est pas toujours évidente. Un comité de pilotage commun a été instauré, pour permettre aux acteurs de se synchroniser et éviter surtout la sur-mobilisation des partenaires (qui au lieu de participer à 4 comités de pilotages, n’en font plus qu’un!). Le petit hic, c’est que cette initiative a tendance à moins « ancrer » les enjeux de chaque charte forestière, et rendre ce temps un peu plus général.

Comment donc ré-ancrer ce fameux comité de pilotage ? Comment faire de ce réseau un endroit de réciprocité et de coopération, voire faire émerger des projets communs, co-portés ? Qui prend la charge de l’animation de cette dynamique ?

Ce qu’on pourrait imaginer :

  • Des nouvelles modalités de coopération entre les animateurs des chartes (des temps de codev pour s’entraider sur des sujets bloquants/des irritants, des missions-défis communs…)

 

5) La diversification des contributions

Il y a une problématique qui est un vrai caillou dans la chaussure de nos partenaires, c’est l’entre-soi. Et ils le reconnaissent, faute de réussir à mobiliser largement, on se contente de celles et ceux qui viennent, et ce sont toujours un peu les mêmes … au risque de se faire reprocher la non représentativité de ces derniers. Et du côté propriétaires privés comme des usagers, on a du mal à se défaire de cette non exhaustivité.

En ce qui concerne les habitant.es, l’élaboration de la charte est toujours un moment riche en contributions (panel habitant, récits, ateliers)… le souci étant à la fois de donner/ reconnaître une légitimité suffisante à ces contributions afin qu’elles soient véritablement prises en considération et de mobiliser les habitant.es dans la durée (tout en réinterrogeant sur les réelles attentes derrière la mise en œuvre de dispositifs de participation citoyenne).

Comment donner de la valeur au concernement pour la forêt / au droit d’accès à la nature au-delà du droit de propriété ? Comment muscler l’argumentaire en faveur d’une participation habitante non représentative (argument qui conduit à délégitimer la participation citoyenne actuellement, car peu d’habitants sont mobilisés) ? Comment accueillir des contributions qui ne s’exprimeraient pas dans les instances/dispositifs prévus à cet effet ? Comment sortir d’une mobilisation habitante conjoncturelle (au moment des réécritures de chartes etc…) mais plutôt collecter des contributions au fil de l’eau qui peuvent être remobilisées à ce moment là ? Comment être précautioneux pour ne pas sursolliciter les habitant.es en demandes d’avis tous azimuts ? Et puis comment muscler les capacités des agents du Parc, qui sont parfois vus comme un peu techno (c’est pas nous qui le disons, c’est eux), à mobiliser les habitants, on s’ouvrant une pluralité de forme de participation ?

Ce qu’on pourrait tester :

  • Un booster du panel habitant : Profiter d’une instance de participation citoyenne mise en place pour le renouvellement de la Charte de parc pour réfléchir avec eux à une instance de participation idéale : de quoi auraient-ils besoin ? Qu’est-ce qui peut être un frein à l’engagement dans la durée ? Comment on sécurise cette participation pour qu’elle soit confortable pour toutes et tous ? Quels sont les moteurs à la participation des habitant.es d’une part et à la volonté de les faire participer d’autre part ?)
  • Travailler la parole des habitant.es avec les élu.es / muscler l’argumentaire en faveur de la participation citoyenne ; révéler l’implicite derrière leur recours à l’argument de la non représentativité
  • Faire des agents du parc des transmetteurs/traducteurs/courroies de transmission entre le politique et l’habitant.e, ouvrir le référentiel de la participation
  • Trouver des nouveaux formats d’expression des points de vue (récits, collecte de verbatims, expo ….), pour pluraliser le diagnostic/le discours sur la forêt.

 

Bref, du grain à moudre pour les Chartes ou outils de gouvernance forestières assimilés !

 

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Journal de bord #2 – du plan de gestion forestière concerté à la coopération https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/03/26/journal-de-bord-2/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=journal-de-bord-2 Wed, 26 Mar 2025 15:02:16 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=791