Exploration – TRONC COMMUN https://tronc-commun.la27eregion.fr Thu, 27 Mar 2025 10:20:32 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.4.8 Journal de bord #2 – du plan de gestion forestière concerté à la coopération https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/03/26/journal-de-bord-2/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=journal-de-bord-2 Wed, 26 Mar 2025 15:02:16 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=791 Journal de bord #1 – immersion à La Vigotte Lab https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/03/24/journal-de-bord-immersion-a-la-vigotte-lab-1/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=journal-de-bord-immersion-a-la-vigotte-lab-1 Mon, 24 Mar 2025 10:17:20 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=752 Retour d’enquête, sans langue de bois ! https://tronc-commun.la27eregion.fr/2025/01/26/retour-denquete-sans-langue-de-bois/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=retour-denquete-sans-langue-de-bois Sun, 26 Jan 2025 16:15:40 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=667 Quelques jours aux rencontres nationales des communes forestières https://tronc-commun.la27eregion.fr/2024/11/06/quelques-jours-aux-rencontres-nationales-des-communes-forestieres/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=quelques-jours-aux-rencontres-nationales-des-communes-forestieres Wed, 06 Nov 2024 11:38:45 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=627 Fin septembre se tenaient les rencontres nationales des communes forestières à Rouen, organisées par la FNCOFOR (Fédération nationale des communes forestières). Un rendez-vous immanquable pour parler d’action publique en forêt, qui a rassemblé plus de 200 participant.e.s venant des quatre coins de la France (élu.e.s de communes forestières et agents en charge du sujet, COFOR régionales, Parcs Naturels Régionaux, Conservatoire d’Espaces Naturels, représentant.e.s de la filière …).  Une bonne immersion au cœur du sujet pour nous, en territoire pas tout à fait inconnu (on a recroisé plusieurs acteurs rencontrés lors de l’enquête sur le PNR des Boucles de la Seine Normande). Thème de l’année : « repenser le dialogue autour de la forêt : les territoires au cœur des solutions » … ça valait quand même le coup d’y laisser traîner nos oreilles !

Les 3 jours ont été ponctués par des débats, des histoires de territoire et des visites terrain, en immersion dans les chartes forestières normandes. Y ont été abordées les questions forestières sous l’angle des risques naturels, des filières courtes et de proximité, de la protection de la biodiversité, des stratégies commerciales territoriales et de contractualisation, d’urbanisation, d’accueil, du tourisme… On vous raconte !

Au cœur de la forêt

C’est vêtues de nos plus beaux impers que nous sommes parties à la découverte de trois chartes forestières, pour en découvrir quelques actions aux côtés de celles et ceux qui les font vivre au quotidien…

Direction le PNR des Boucles de la Seine Normande : certification FSC et marteloscope

C’est d’abord vers la forêt de Villequier que nous nous sommes dirigé.e.s. Gérée par l’ONF, le département y mène des études sur la biodiversité du lieu. Cette visite a été l’occasion de nous introduire à la certification de gestion forestière FSC, inscrite dans leur charte forestière. Par exemple, afin de protéger certains habitats et espèces qui ne se maintiennent qu’en présence des caractéristiques que l’on retrouve dans des forêts laissées en libre évolution, il est imposé que 10% de la surface de la forêt soit favorable à la biodiversité (espace Natura 2000, vieux bois, îlots de senescences en libre évolution …). Du fait de ses exigences, elle permet de valoriser le travail qui a été fait en amont de la filière. Ce travail sur la certification FSC se fait grâce à la mobilisation d’un petit groupe de propriétaires volontaires (plutôt sensible à l’environnement) et du Parc (qui porte le coût de l’audit).

Deuxième stop à la forêt domaniale de Brotonne, où nous avons été initié.e.s à un dispositif ludique pour sensibiliser le grand public et les élu.e.s à la gestion forestière : le Marteloscope. Sur une session de trois heures, par groupe et munis d’une tablette, les participant.e.s parcourent une parcelle forestière et choisissent l’arbre qu’ils souhaitent couper. Un logiciel permet alors de simuler l’impact qu’aurait cette coupe sur la forêt : rentabilité économique, amélioration de la qualité des bois à long terme, préservation de la biodiversité … ainsi les résultats permettent de lancer la discussion sur les coupes forestières. Pour les intéress.é.s, les ateliers sont organisés par l’ONF et le PNR, et ont lieu deux fois par an.

Cap sur la Métropole Rouen Normandie : acquisition, maison de la forêt et construction bois

Nous loin du centre et des rives de la Seine, première prise de recul sur les hauteurs de la ville pour découvrir les acquisitions forestières de la Métropole rouennaise. Déjà perceptibles depuis le centre-ville, les massifs forestiers (où s’alternent forêts domaniales, forêts Métropolitaines et forêts privées) qui dessinent la ligne l’horizon gagnent en densité. L’enjeu de la parcelle où nous avons fait escale, anciennement privée, mais très fréquentée, est d’en faire un espace un accessible depuis le centre ville, aménagé pour l’accueil du public.

Prochain arrêt : la Maison de la Forêt de Darnétal, un des 3 équipements de ce type animé par la métropole. Une équipe d’agents dédiés, avec des profils plutôt de techniciens espaces naturels, s’occupe de l’animation de ces maisons, et accueillent public et scolaires pour des temps de sensibilisation à la forêt.

Le temps du retour en bus nous permet d’aborder le sujet de la construction en bois local. Il en est question notamment pour la rénovation d’une des Maisons de la Forêt, qui a brûlé en 2021 et où la Métropole souhaiterait utiliser une partie de sa ressource en bois pour la construction, avec la mise à disposition d’un lot, charge à la maîtrise d’œuvre de composer avec. Si l’ambition est là (avec 20% de bois biosourcé pour la surface de plancher), la qualité du bois de la métropole reste moyenne, et le document d’aménagement pas encore validé (et donc le plan de coupes non plus). Au-delà du lot fourni par la Métropole, les équipes comptent s’appuyer par stratégie de détournement sur les liens entre scierie et acheteurs de bois, pour privilégier indirectement du bois provenant d’un périmètre raisonnable.

La Métropole a également à cœur l’usage du bois comme démonstrateur d’une construction plus durable, c’est un axe de sa charte forestière de territoire, qui s’incarne notamment dans une tentative de créer des synergies au sein de la filière et entre architectes, maîtres d’ouvrage, entreprises d’éco-matériaux…. Sur les constructions récentes, le bois pare ici et là les murs des bâtiments, comme un message de valorisation de la filière locale.

Le Havre Seine Métropole : formation, sensibilisation et coop carbone .

Nous avons arpenté 5km de forêt sur le territoire de la communauté urbaine du Havre, l’occasion d’évoquer in situ les actions entreprises par les acteurs publics locaux en faveur de la préservation et de la gestion des espaces forestiers, ainsi que les problématiques rencontrées.

Mais tout d’abord le cadre : La communauté urbaine du Havre, c’est 53 communes et 66% de l’espace du territoire occupé par des terres agricoles très fertiles, exploitées principalement pour l’export du lin et du blé. La surface boisée est très faible, elle couvre 7% du territoire, soit 3800Ha, essentiellement située dans les pentes, « là où l’agriculture n’a pas pu se développer ». La communauté urbaine s’est dotée d’une compétence « Nature & Biodiversité » qui se déploie autour de 3 axes :

1/ La connaissance en interne, avec l’objectif de faire monter en compétence les services sur ces questions, et de former les élu.e.s;

2/ Le développement d’actions de préservation à travers la définition du PLUI, de corridors de mise en lien, et de trames vertes et bleues. Cela passe aussi par le dispositif Carbolocal, sorte de coopérative carbone locale, qui met en relation des entreprises et des agriculteurs afin de financer la plantation de haies champêtres grâce aux crédits carbone des acteurs économiques locaux : « Le carbone est un prétexte pour mettre en dialogue des gens qui ne se seraient jamais parlés » ;

3/ La sensibilisation du public à travers des actions de formation et de sensibilisation.

La communauté urbaine planche sur la mise en place d’une charte forestière de territoire, avec pour objectif de mettre « tout le monde », et notamment l’ensemble des acteurs engagés autour des questions forestières, en dialogue. Ce projet de charte forestière est né suite au désarroi des maires face aux coupes rases qu’ils ne peuvent ni anticiper, ni véritablement éviter.

Étape suivante : le PNR des Boucles de la Seine Normande nous a présenté une parcelle sur laquelle ils vont engager un travail d’information auprès des propriétaires pour permettre la prise en compte de la biodiversité forestière dans les actions de gestion. Il œuvre également au développement du label bas carbone pour des espaces boisés en libre évolution, afin que ce choix délibéré de gestion sans intervention puisse être financé, par exemple, par des crédits carbone.

Zoom sur Carbolocal : Ce dispositif est né d’un travail autour de la qualité de l’eau. Son rôle est de rechercher des cofinancements privés d’entreprises du territoire. A ce jour, cela a permis de planter 27km de haies, et d’embarquer 22 entreprises. « On vend du carbone mais c’est une façon de chiffrer. Demain on chiffrera peut-être la biodiversité ; on cherche des outils vendables à l’entreprise« . Carbolocal engage à l’échelle de 3 intercommunalités (100 communes) un projet de coopérative autour de la plantation de haies, afin de pouvoir alimenter l’ensemble des chaufferies communales. A ce stade, beaucoup de bois de coupe est utilisé en plaquettes pour alimenter les chaufferies ; demain, ils aimeraient lever la pression sur la ressource bois en produisant l’ensemble du bois-énergie à partir des plantations de haies

Bonus : la forêt monumentale de Roumare, manifestation artistique en forêt publique

Pour clôturer la journée, direction la commune de Cauteleu, recouverte à 70% d’espaces naturels. Nous nous sommes ainsi rendues dans la forêt domaniale de Roumare qui occupe la quasi-totalité de la boucle de la Seine située à l’aval de Rouen, rive droite.

La forêt accueille pour les deux prochaines années l’exposition « forêt monumentale » (deuxième édition), un dispositif culturel qui prend la forme d’un parcours à travers une dizaine d’œuvres conçues par des artistes du monde entier, pour « (re)découvrir, avec un autre regard, ce milieu naturel remarquable ».

Ce projet s’inscrit dans le travail de valorisation et de sensibilisation des trois forêts domaniales labellisées Forêt d’Exception®, mené par la Métropole Rouen Normandie en collaboration avec l’ONF, gestionnaire du site. L’ONF accompagne la Métropole sur ce projet à chacune des étapes : définition du parcours, des sites d’installation des œuvres, membre du jury de sélection, responsable des travaux de sécurisation du site… C’est ludique, c’est original … on ne résiste pas à l’envie de vous partager quelques unes de ces installations éphémères.

Retour en plénière et aperçu des discussions

Difficile d’être exhaustif et vous partager l’ensemble des échanges … On a donc réunis ici quelques sujets qui font réfléchir, qui font envie, qui font friser …

Il y a de l’électricité dans l’air ! quelques sujets qui font des étincelles :

  • Remettre en cause « les règles du jeu » basées sur la croissance économique, proposé par Cyril Dion en conférence introductive … N’a pas fait l’unanimité ;
  • On parle de concertation et de dialogue, mais on n’a croisé aucune association/représentant.e.s de la société civile à ces rencontres, alors qu’en parallèle un gros conflit fait rage avec l’association Canopée ;
  • Acquisition publique, c’est pas automatique ! Au delà de l’acquisition publique VS privée, l’acquisition entre acteurs publics eux-mêmes semblent parfois lever des tensions (par exemple entre une commune et un Conservatoire d’Espace naturel) … Car la forêt demeure une source de revenu pour les acteurs publics, mieux vaut alors l’avoir dans son patrimoine foncier.

Ça nous donne du grain à moudre :

  • Il y a pas de secret, l’animation des démarches de concertation repose sur les équipes disponibles pour les mettre en œuvre. Avec des agent.e.s qui croulent déjà sous les projets et sujets, comment ne pas en faire la charge de trop qui risque de passer à la trappe ?
  • Réorienter l’usage de la dotation de soutien aux communes pour les aménités rurales, destinée aux communes rurales dont une partie significative du territoire comprend une aire protégée ou jouxte une aire marine protégée, vers des actions de préservation de la biodiversité (là où aujourd’hui les communes ne sont pas contraintes dans l’allocation de cette dotation).
  • L’enjeu de d’offrir un nouveau cap aux chartes forestières, en les rendant plus engageantes pour les parties prenantes.

Quelques pépites en vrac :

  • Le travail sur les financements pour services environnementaux à Vals les Bains (Ardèche)
  • La gestion des forêts du Domaine de Montéclin en collaboration association des Amis de la Vallée de la Bièvre, une association de protection de l’environnement dans un cadre régional.
  • Une réunion anti-jargonnage forestier animé par l’ONF à Cluny, pour mettre tout le monde à niveau dans la construction de la Charte Forestière de Territoire.
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Nouveau terrain d’exploration : bienvenue à la Vigotte ! https://tronc-commun.la27eregion.fr/2024/10/24/nouveau-terrain-dexploration-bienvenue-a-la-vigotte-2/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=nouveau-terrain-dexploration-bienvenue-a-la-vigotte-2 Thu, 24 Oct 2024 13:07:54 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=594 Immersion en living lab forestier https://tronc-commun.la27eregion.fr/2024/09/23/immersion-en-living-labs-forestiers/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=immersion-en-living-labs-forestiers Mon, 23 Sep 2024 13:17:55 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=530 Dans le cadre de l’AMI « Concertation et multifonctionnalité des forêts », le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) de Nouvelle-Aquitaine porte, avec le département de la Gironde, le projet « Sylva-cités », un déploiement sur le territoire de plusieurs « livings labs » forestiers, dont la méthode (à la sauce girondine) est ici expérimentée pour créer du lien, partager une vision, créer de nouveaux partenariats, promouvoir de nouvelles actions pour valoriser les services écosystémiques rendus par la forêt… Une bonne occasion de s’immerger dans ces processus de concertation, et en tirer quelques enseignements ! Cette méthode permettra-t-elle d’arriver aux fins escomptées ? Ces dernières sont-elles clairement définies et partagées par les participant.e.s ? Que se passera-t-il à l’issu du projet ? Le pari d’un dialogue renouvelé entre parties-prenantes perdurera-t-il ?

À la racine de Sylva-cités 

Avant toute chose, un petit point sémantique s’impose ! Si on parle ici de « living labs forestiers », il s’agit en fait d’un petit raccourci, une inspiration plus qu’une application stricto-sensu de cette méthode d’innovation appliquée au contexte forestier (exploré notamment par le chercheur Maxence Arnould). Le CNPF s’est inspiré de la démarche pour créer un processus de concertation multi-acteurs, qui implique parties prenantes publiques, privées, professionnel.les de la filières, citoyen.nes et usager.ères,  sur un temps court (3 ateliers maximum), là où démarche de living lab peut prendre plusieurs années, et basé sur une méthodologie réplicable grâce à un déroulé type.

  • Le 1er atelier permet une prise de connaissance du territoire d’expérimentation concerné, des différentes parties prenantes, et utilise l’intelligence collective pour faire émerger les services écosystémiques les plus importants pour les participant.e.s ;
  • Le 2e atelier rassemble les parties prenantes autour d’une carte du territoire afin de spatialiser les services sélectionnés au premier atelier, les confronter aux éventuels conflits d’usage ;
  • Le dernier atelier permet d’imaginer et/ou approfondir les propositions d’actions faites au deuxième atelier afin de déterminer leur opérationnalité.

Petit retour arrière … avant Sylva-cités, Sylvalor.

En février 2022 a été lancé le projet « Sylv’valor : Construire la forêt de demain », toujours porté par le CNPF de Nouvelle Aquitaine, qui a permis notamment de dresser un diagnostic de la perception des forêts girondines et de ses services par les différents acteurs de la forêt, par l’intermédiaire d’une enquête téléphonique auprès de 800 propriétaires forestiers et une enquête en ligne auprès de 370 citoyen.ne.s de Gironde. Si la gestion forestière est plutôt méconnue des habitant.e.s, qui en apprécient cependant certains services (récréatifs, comme la cueillette, la fonction îlot de fraicheur…), les incendies de l’été 2022 ont catalysés les concernements et interrogations de la population sur les alternatives à la gestion forestière classique (monoculture et coupe rase).

Une première cohorte de living lab a été lancée pour mettre en dialogue expert.e.s et non expert.e.s et amener les participant.e.s « à co-gérer des plans d’actions localisés ». Fort de cette première expérience, le CNPF a profité de l’AMI pour redéployer sa méthode imaginée avec cette fois-ci de nouveaux territoires.

On embarque ? Immersion en living lab forestier

Pour cette nouvelle cohorte de « living labs forestiers », l’accent a été mis sur les enjeux des territoires péri-urbains (mitage, difficultés d’exploitation, forêts récréatives), plutôt concentrés dans l’aire métropolitaine de Bordeaux.

L’un de ces livings labs a particulièrement retenu notre attention, celui de la lisière forestière entre Martignas-sur-Jalle et Saint-Jean-d’Illiac. La forêt, espace « tampon » entre ces deux centralités urbaines (qui ne dépendent pas des mêmes intercommunalités) aux marges du plateau forestier landais, se compose de parcelles publiques et privées pour former un corridor écologique. Dépasser les limites administratives et le clivage public-privé devient plus que nécessaire quand il s’agit de préserver cet espace contre l’étalement urbain, garantir les services liés à la disponibilité et à la qualité de l’eau (de la Jalle, qui parcourt le territoire), et prévenir collectivement le risque incendie.

Périmètre du living lab, source CNPF Nouvelle Aquitaine

 

Journal de bord : atelier 1

Rassemblé.e.s dans un cadre d’exception pour un premier atelier (la sablière du Laugey au cœur de la forêt), les partcipant.e.s avaient pour mission de définir les services écosystémiques rendus par la forêt les plus importants à leurs yeux. Et il a fallu se mettre d’accord. Spoiler, ont été notamment retenus : le maintien de la biodiversité, la protection des aléas naturels, bois et fibre, stockage du carbone, température et micro-climat … non sans générer certaines frictions face à des postures bien affirmées mais pas forcément alignées sur la vision.

 

Notre posture d’observateur-enquêteur nous a permis d’investir les temps plus informels  :

  • Profiter du court trajet entre le parking et le lieu d’atelier pour sonder les usages et attachements des participant.e.s (avec leur casquette pro ou perso) pour la forêt qui fait l’objet des discussions. De quoi mieux saisir pour nous les usages de cet espace : du sportif du dimanche en passant par la promenade canine, à l’objet de recherche dans lequel on n’a pas forcément mis les pieds, à un engagement pour une récole de déchets, à ceux qui sont directement chez eux, et à ceux qui y voient surtout un espace à préserver pour les générations futures…
  • Des entretiens express avec les deux maires des communes qui se partagent cet espace, faisant ainsi ressortir quelques problématiques et étonnements : La pression de l’étalement urbain face à l’envie de garder cet espace préservé ; Le risque incendie comme menace à cause de la proximité urbaine ; Chaque commune son plan de gestion et son plan de prévention des risques incendies (sans véritables croisements), bien qu’il y ait des sources de coopération sur d’autres sujets, comme celui de l’eau par exemple et la Jalle qui traverse les deux communes (convention entre les deux intercos, pour avoir une porosité d’intervention des techniciens rivières) ; Le recours à la police municipale quand intrusion chez un propriétaire privé ; au point de prévoir l’embauche à court terme d’un garde champêtre pour allier sécurité-police-préservation.
Journal de bord : atelier 2

Mi-septembre s’est tenue la deuxième session du living lab « Lisière forestière », ayant pour objectif de spatialiser les services écosystémiques retenus et les confronter aux aspirations des participant.e.s.

Dans le groupe auquel nous nous sommes greffés, deux sujets ont particulièrement révélé une forme de tension, avec quelques idées  pour tenter de les dépasser :

Chasse VS Promenade : tous les loisirs ne se valent pas aux yeux des propriétaires : Si les propriétaires privés sont parfois plus friands de chasseur.euse.s que de marcheur.euse.s, c’est, certes, pour une raison économique (les chasseur.e.s louent les forêts pour y pratiquer leur loisir), mais c’est aussi une question de responsabilité. La chasse est encadrée par une convention entre la fédération de la chasse et une instance (comme un syndicat mixte), alors que la promenade est de l’ordre du spontané (mais illégale quand elle se fait sur propriété privée). En cas d’accident (chute d’un.e vttiste en se prenant une racine, branche qui tombe sur un promeneur.e.s) c’est la responsabilité du propriétaire qui est engagée. Et ça, autant dire que ça ne leur plaît pas trop !

Parmi les pistes avancées, s’inspirer du conventionnement en vigueur pour les GR, où c’est l’assurance de la fédération de randonnées qui joue, où encore imaginer une forme de conventionnement entre les prioritaires privés et l’acteur public/une fédération pour mieux partager la responsabilité.

Pas si simple les plans simples de gestion :  Les plans simples de gestion sont obligatoires pour les propriétaires privés dont les forêts font plus de 20ha. C’est un outil d’analyse des fonctions économique, écologique et sociale de sa forêt, ainsi que le programme de coupes travaux pour les 10 à 20 années à venir. Il est agréé par le CRPF. Pour le propriétaire présent à l’atelier … le seuil des 20ha exclut un grand nombre de propriétaires, notamment ceux qui ont des plus petites surfaces mais ne la gère pas ou peu … or, ces petits espaces aussi ont leur importance dans l’écosystème, et mieux accompagner ces espaces et leurs propriétaires « pour pas qu’ils fassent n’importe quoi » apparaît comme essentiel. « Les gros propriétaires savent ce qu’ils font ». Bien que des documents facultatifs permettent d’encadrer et partager l’évolution des forêts non soumises à cette réglementation, les propriétaires ont-ils recours à ces outils ? Si toutes les forêts mêmes les plus petites étaient sous document de gestion, est-ce que ça changerait vraiment quelque chose ? Cela permettrait-il d’avoir une vision plus exhaustive de l’évolution de la forêt au-delà des parcelles cadastrales ? Quelle organisme/structure dispose d’une ingénierie suffisante pour agréger la masse de propriétaires forestiers (des mini parcelles aux vastes espaces) ?

Au-delà d’enjeux forestiers, quelques étonnements plus pratico-pratiques sur ces ateliers :

  • Un seul propriétaire privé été présent à l’atelier (qui se tenait un après-midi en semaine), face à des acteurs publics (bien que différents), beaucoup plus représentés : maires, agent.e.s de Bordeaux Métropole, du département, du SCOT métropolitain…
  • Comment dès à présent poser les briques de suites et des pérennisations sans quoi ces ateliers pourraient être anecdotiques sans générer de changements à court ou moyen terme ?
  • Comment ne pas négliger les enjeux de coopérations inter-communaux, tout aussi nécessaire que la coopération publique-privée ?

 

Suite à venir !

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Par où commencer ? https://tronc-commun.la27eregion.fr/2024/05/31/par-ou-commencer/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=par-ou-commencer Fri, 31 May 2024 15:17:28 +0000 https://tronc-commun.la27eregion.fr/?p=413 Après plusieurs mois passés à monter le programme Tronc Commun, réunir des partenaires, trouver des territoires prêts à se saisir du sujet de la gouvernance des forêts avec nous … avons-nous dépassé l’orée, non pas du bois, mais du programme, pour nous lancer dans les chemins tortueux de l’enquête … qui mèneront, si tout se passe bien, vers des expérimentations ?

A quoi ressemble Tronc Commun aujourd’hui ? Les aléas, qui sont le lot de tout projet, nous ont conduit à adapter quelque peu la méthode imaginée pour s’harmoniser au mieux avec ce que Tronc Commun est en réalité. Petit recap’ pour se remettre à jour !

De l’enquête croisée et collective … à un face à face plus bancal ?

Initialement, l’enquête devait rassembler 5 à 7 collectivités autour de temps collectifs pour s’outiller collectivement à mener l’enquête, s’inspirer d’initiatives développées en France et en Europe, donner aux enseignements particuliers une résonance partagée. On en avait eu un aperçu lors de nos « petits dejs forêts », qui ont rassemblé une dizaine d’acteurs publics au moment du montage du programme. Dans les faits, un an plus tard, nos (valeureux) partenaires ne sont pour l’instant que deux : le Centre National de la Propriété Forestière de Nouvelle Aquitaine, et le Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande. Dès lors, l’enjeu de coordination est moins contraignant, nous permettant de nous impliquer directement dans l’enquête, en déployant l’équipe-projet sur chacun d’eux. D’autant que nos partenaires, bien que rassemblés par la forêt, ne parlent pas vraiment du même endroit : le parc est un acteur public (un syndicat mixte ouvert, pour être précis)… dont des représentant.e.s des différentes  collectivités du parc constituent le comité syndical ; le CNPF est un établissement public … représentant de la propriété privée … pas simple ! On reste convaincu de l’intérêt de l’inter-territorial, des croisements viendront, mais dans un second temps !

S’accrocher à un projet existant : pas facile de trouver sa propre cadence.

L’un comme l’autre, ces deux partenaires sont lauréats d’un AMI du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, et déploient de ce fait un projet autour de la concertation et de la multifonctionnalité des forêts. Et même si nous avons rejoint ces consortiums de réponses pour provoquer un croisement entre Tronc Commun et ces projets en germe, il faut que chacun trouve son rythme de croisière. Notre positionnement au sein de ces processus de concertation n’arrange rien au balbutiement : un peu dedans, un peu en parallèle, incitant ouvertement au pas de côté plutôt qu’au sentier tout tracé.

Lancement du projet « Dialogue forestier », porté par le PNR des Boucles de la Seine Normande, janvier 2024.
Et maintenant ?

Cela fait donc quelques semaines que Tronc Commun est sur la rampe de lancement, mais … difficile de savoir par quel bout saisir cet épineux sujet de la gouvernance des forêts. Qu’est-ce qu’on cherche exactement ?  Et qui faut-il interroger pour nourrir le diagnostic et alimenter l’exploration ? Quel est le meilleur terrain et moment pour un temps d’observation ?

Notre posture de néophyte oblige, nous avons besoin de repartir de la base : comprendre les réalités et le vécu de nos partenaires, mieux saisir leurs missions, avoir un panorama large des enjeux que rencontrent ces territoires avant d’être plus précis et intentionnels lors de l’enquête.

Démarrage de la pré-enquête : reculer pour mieux sauter ?

Dans les prochains jours, nous réaliserons avec nos partenaires un exercice au croisement de l’entretien et de l’atelier, qui s’articulera autour de 3 séquences :

1/ Repartir de nos partenaires
Quel est leur rôle ? Quelles sont les missions de leurs structures ? Dans quelles instances sont-ils impliqués et avec quels autres acteurs interagissent-ils ?
L’objectif : produire une cartographie d’acteurs pour identifier les parties prenantes et la nature des relations qu’ils entretiennent !

2/Repartir des usages … et des conflits qu’ils génèrent
Quels sont les conflits d’usages/usages intensifs que l’on retrouve sur le territoire ? Où sont-ils situés ? Qui impliquent-ils
L’objectif : nous permettre de prioriser un (ou plusieurs) espace sur lequel cibler l’enquête, et embarquer les acteurs concernés.

3/Aller grattouiller les sujets plus prospectifs
Quels outils et/ou instances existent pour penser la forêt de demain ? Aborder les sujets de transition ? Adopter une vision partagée, qui donne une place à une diversité d’acteurs et de voix ?

Ces éléments nous permettront de préciser l’enquête, qui devrait suivre rapidement ! On a hâte de s’y mettre.

 

 

 

 

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